Quelle est la routine de travail d’un cheval de dressage ?

Dans les écuries de Jessie Kirby

Traduit de Claire Hubbard

Cover

Mercredi après-midi, j’étais gentiment invitée à visiter les écuries de Jessie Kirby, cavalière de dressage.

Tom&jessieTackEn descendant de la voiture, je fus accueillie par des bruits de tasses et par une voix « Claire, c’est vous ? Voudrez-vous un peu de thé ? ». Tanya, la mère de Jessie m’attendait sur le pas de la porte. Elle me fis entrer, le sourire aux lèvres, dans une très jolie sellerie. Des centaines de flots décoraient les poutres, chaque selle et chaque filet était rangé bien à sa place, les couvertures soigneusement pliées à côté des protections, bandes de repos et tapis de selle : le paradis. Pour couronner le tout, une table entourée de chaises confortables au milieu de la pièce m’invitait à y passer toute la journée.

Mais rapidement nous quittons la pièce pour rejoindre la carrière en quad où Jessie travaillait Casper (Huntercombe’s Hocus Pocus – quel grand nom !), un cinq ans acheté à Charlotte Dujardin il y a seulement un an. Cette saison, Jessie a emmené l’un des poneys de Charlotte en concours à un haut niveau, mais celui-ci a dû rentrer chez lui, il a donc été décidé d’accueillir Casper aux écuries pour combler ce trou dans le cœur de Jessie. Sous l’œil attentif de Giles Carradine, j’ai eu la chance de profiter d’une séance gratuite de dressage. Jessie a insisté pour travailler et faire progresser Casper seule. Ils m’ont semblé former un couple très prometteur !

C’est alors que Tom Hobday nous a rejoint. Ami de la famille, Tom est groom. C’est à ce moment-là que j’ai vraiment réalisé à quel point ces écuries sont une affaire de famille. Chacun travaille étroitement avec l’autre, assumant sa part de responsabilité tout en aidant les autres, ce dans un unique objectif : celui d’aider Jessie à accomplir ses rêves.

Jess&caspGingegroom

Après avoir rentré Casper, c’est au tour de Ginge de travailler sur la carrière de 60m sur 40, cachée parmi les grands arbres et enveloppée du silence de la campagne anglaise. Encore une occasion pour moi de profiter des précieux conseils de Giles. Tanya m’apprend alors que Ginge est un Cob. Je suis très étonnée ! Jamais je n’avais vu un Cob aussi gracieux, enchaînant aisément changements de pied au temps, piaffé et passage devant mes yeux ! Une fois rentrés aux écuries, les chevaux rentrés dans leurs immenses boxes, nous nous sommes tous réunis dans la sellerie pour une tasse de thé et pour entendre Jessie.

Nom : Jessie Kirby

Discipline : Dressage

Quelle est la plus belle réussite de votre carrière pour le moment ?

C’est ma sélection pour la Reserve de l’équipe britannique aux Championnats Européens Poney cette année avec Cruz, le poney de Charlotte. Même si tout était contre nous, nous avons persévéré, je ne l’avais pas depuis très longtemps et c’était sa première saison à l’International. C’est vraiment mon rêve depuis que j’ai 10 ans, et le fait de l’approcher à ce point en si peu de temps c’était assez incroyable.

 

A quoi ressemblerait votre carrière idéale ?

J’ai ce rêve d’enfant de représenter mon pays aux Jeux Olympiques, mais à court terme ce serait plutôt de participer aux gros Grand Prix pour les moins de 25 ans. Ensuite il y a aussi ce petit objectif entre Charlotte et moi qui est de battre son record du monde avant l’âge où elle y est parvenue. Pour rire j’ai calculé qu’il faudrait que je progresse de 1,15% chaque année pour battre le record qu’elle a atteint avec Olympia. J’y travaille dur.

 

Quel est le cheval qui vous a le plus appris et pourquoi ?

 

GingeJe pense que c’est Orlando (Ginge) parce que monter Ginge c’est comme monter 10 chevaux différents. Sur les reprises en musique il peut être très chaud et inquiet comme un petit jeune, et il faut réussir à le gérer. Dans des atmosphères différentes, dans des endroits différents avec une pression différente, il peut être à chaque fois d’une humeur différente. Parfois je suis obligée de pousser à chaque foulée, de lui dire « allez, allez, donne m’en plus », d’autre fois pas du tout. C’est l’un de ces poneys que les gens regardent un peu sans intérêt particulier parce qu’il ne paye pas de mine comme ça mais c’est vraiment un bon poney très capable. Pour avoir ces notes, j’ai appris avec lui qu’il fallait que je me concentre sur chaque décomposition de chaque mouvement à chaque foulée pour essayer de gagner le plus de point possible. Il sait faire toutes les figures de Grand Prix, donc je dois être très attentive pour ne pas faire d’erreur quand je déroule les reprises ! Mes aides doivent être extrêmement précises. J’ai beaucoup de chance, Giles (Carradine) me coache depuis que j’ai 7 ans, nous formons une équipe et il m’a appris à monter Ginge pour qu’il donne le meilleur de lui-même, cela avec l’aide de Charlotte depuis l’année dernière.

Quelle est votre plus belle expérience en concours ?

 

Je pense que ce sont les gros Internationaux que j’ai fait comme Saumur, Joosland, Le Mans, Hagen avec tous les meilleurs cavaliers. J’ai été classée dans tous ces concours, ce qui rend ces expériences vraiment spéciales. Oui c’est vraiment extraordinaire d’y être allée étant donnée que toutes mes idoles y ont été, Charlotte et Catherine Dufour notamment.

Quelle a été votre pire expérience en concours ?

 

C’est sûrement Hagen. Nous sommes arrivés un jour en retard car notre camion était tombé en panne. Ensuite, lorsque nous sommes arrivés après un voyage de 18 heures, nous avons découvert que Cruz avait une grosse patte. Aller jusque là-bas, et le rentrer avant même de commencer à trotter, c’était vraiment frustrant. Pire encore, ce Grand Prix c’était aussi les sélections finales pour les Championnat Européens, tout semblait être contre nous. C’était juste horrible. Par-dessus le marché, tout le monde était malade cette semaine parce qu’il y avait un virus en Allemagne et nous étions tous très malades. Et bien sûr j’ai dû rater une semaine d’école. C’était vraiment une semaine affreuse, j’espère ne jamais revivre ça.

Toute la Team Kirby s’est sentie concernée par la discussion sur Orscana. Leurs propos sont donc aussi relatés ici !

Pourquoi utilisez-vous Orscana ?

PolotimeJessie : Cela m’aide à adapter ma routine avant de partir en concours. Avant j’avais l’habitude de partir en balade, mais maintenant je ne le fais plus.

Tanya : Nous avons compris ce qui le fatigue le plus (Ginge) grâce aux résultats d’Orscana. Nous remarquons quels sont les exercices après lesquels il s’allonge le plus. Lorsqu’il est particulièrement calme, cela signifie qu’il est particulièrement fatigué. Nous avons donc compris que l’emmener en balade le fatigue beaucoup plus qu’une petite sortie en carrière, nous avons donc ajusté notre routine avant la compétition.

Jessie : Quand je suis en concours, la grande question c’est combien de temps je dois passer sur la détente. Maintenant, je peux répondre à cette question en analysant les résultats qu’Orscana me donne sur la nuit de Ginge. A Sheepgate par exemple, j’ai adapté ma détente : en général je détends pendant 30 ou 40 minutes avant la première épreuve, mais cette fois-là je n’ai détendu que pendant 20 minutes, puis seulement dix minutes avant la deuxième alors qu’en général c’est plutôt 20 minutes. Ginge a 15 ans maintenant, il faut être particulièrement attentif à son bien-être. En parallèle du travail et des efforts, Orscana m’aide à être confiante dans mes changements de routine, et le résultat est là : on a gagné et Ginge est Champion des moins de 25 ans de Sheepgate !

 

Comment utilisez-vous Orscana ?

 

JessieCasperTanya : Nous utilisons beaucoup Orscana. Pour couvrir, pour surveiller l’activité des chevaux, pour modifier nos routines en toute confiance, pendant le transport…

Tom : Parce que nous voyageons tellement et que les chevaux restent dans tant d’endroits différents, nous devons être capable de changer les couvertures en fonction de l’endroit et pas seulement en fonction de la météo. Cette année nous avons déjà séjourné dans 12 endroits différents ! Cela fait beaucoup d’écuries différentes, à la maison on sait à peu près si les chevaux sont confortables, mais il arrive que cela soit complètement différent en concours. La température, c’est le truc que je préfère dans Orscana.

Tanya : On peut aussi voir en combien de temps il s’habitue aux nouveaux endroits en voyage…

Jessie : Après l’avoir monté le premier jour, je peux voir s’il est stressé ou non.

Tanya : La première chose que Tom fait quand il rentre le soir c’est de courir jusqu’aux écuries, encore en costume avec son téléphone, il va cliquer et ensuite il revient pour nous raconter tout ce qu’il s’est passé pendant la journée dans les boxes. Un jour, alors qu’on commençait tout juste à utiliser Orscana, Tom est rentré en courant pour nous annoncer que Ginge avait passé la journée couché ! Mais non, en réalité le capteur était bien dans la couverture mais la couverture n’était pas sur le cheval de la journée !

Tom : J’avoue que j’étais très sceptique au début, je pensais que c’était un simple gadget, c’était mon point de vue. Je suis passé de 0 conviction à 100% convaincu ! Si j’avais mes propres écuries, si je pouvais en avoir un pour chaque cheval, je le ferais. J’adore la nouvelle mise à jour d’ailleurs. Les propriétaires peuvent maintenant vérifier depuis chez eux que leurs chevaux sont bien confortables à 10 heures du soir, et c’est vraiment ce qu’ils veulent savoir, Orscana tient ses promesses, c’est très intelligent, j’adore cette nouvelle option. Il s’agit vraiment d’être en confiance quant au bien-être de son cheval grâce à un aperçu objectif de ce qu’il se passe sous la couverture, et pas seulement en disant « ok, il va bien ». Parce qu’en réalité, qu’est-ce qu’on a d’autre pour en être sûr ? Sans Orscana tu ne peux pas vraiment savoir, c’est clair.

Jessie : Ginge fait aussi beaucoup de progrès depuis que je peux adapter mon travail journalier en toute connaissance de cause.

Tom : En fait c’est comme essayer de courir un marathon après une mauvaise nuit de sommeil. Et ensuite avoir froid sur le chemin du marathon, tes jambes ne peuvent pas être échauffées correctement, tu te sens raide et si tu n’es pas reposé tu ne peux pas performer. Orscana récolte les données et ensuite ton job est de les comprendre et d’utiliser ces données pour arriver au maximum de la performance.

Jessie : En fin de compte ce sont de vrais athlètes !

Tom : C’est un des barreaux de l’échelle. Nourrir correctement en est un autre, le travail en est un autre, un nouveau peut faire la différence entre être classé ou pas. 0,7 point peut faire une grande différence.

Tanya : Je pense qu’il est possible d’allier bon sens et technologie. Dans notre monde moderne, comment refuser d’utiliser tous les outils disponibles ? On peut les utiliser en les combinant au bon sens.

Tom : Avant je pouvais sortir vérifier la couverture de Ginge et penser qu’il avait trop chaud, et Jessie y allait et disait qu’il était bien. Nous avons eu ce genre de débat des millions de fois. Orscana a mis fin à ça. On a maintenant des informations complètement non-biaisées, ce n’est plus le petit cheval à sa maman, ni l’opinion d’un groom, ce n’est que des informations objectives et précises.

Jessie : Cela compte quand on monte avec les meilleurs cavaliers d’Europe, pour les Internationaux, on doit faire des dossiers sur les poneys, avec des pages et des pages de détails. On nous donne un groom au hasard, et ils n’ont que ce gros dossier pendant toute la semaine pour connaître le poney, alors que c’est la semaine qui compte le plus pour refléter toutes les performances de l’année. Avec Orscana, maintenant je sais comment Ginge supporte d’être dans des endroits inhabituels.

Tom : Les chevaux de dressage sont vraiment chouchoutés et souvent sur-couverts. Orscana donne du factuel, les données nous mettent sur le bon chemin.

Jessie : Pour moi l’important c’est le confort du cheval, c’est de savoir que le groom a fait ce qu’il fallait faire et qu’on peut le vérifier juste sur le téléphone.

L’utilisation d’Orscana a-t-elle modifié vos habitudes ?

GingeschoolingTom : Oui énormément. Particulièrement avant une épreuve, pour décider si on va mettre une couverture massante sur Ginge par exemple, parce que nous ne voulons pas qu’il ait trop chaud.

Tanya : Avoir trop chaud a vraiment une influence sur l’énergie et la performance.

Tom : Beaucoup de gens ont leur routine, et ils ne vont pas la changer, c’est comme un des barreaux de l’échelle, quelque chose qu’ils font tout le temps. Les gens n’aiment pas trop changer de routine. Mais je crois que c’est vraiment important d’être flexible.

Jessie : Moi-même j’avais un peu peur de changer ma routine, mais le fait d’avoir une preuve irréfutable grâce à Orscana m’a donné la confiance dont j’avais besoin pour le faire. Je fais partie de ces gens qui n’aiment pas le changement mais maintenant j’ai ce soutien qu’est Orscana pour être sûre que je peux changer sans risque. Orscana m’a beaucoup aidée.

Je pense que nous aurions pu discuter ainsi jusqu’à tard dans la nuit dans cette sellerie si confortable, mais il était déjà 7 heures, l’heure pour moi de prendre la route.

Quelle équipe ! Une jeune cavalière concentrée sur ses objectifs, qui a emmené un poney à un niveau extraordinaire, et qui est déterminée à emmener son propre poney encore plus loin. Le prochain sur la liste est le petit Huntercombe Burlesque, qui a gagné le statu Elite en Aout au BEF, on dirait bien que Jessie a le sens du cheval.

Doublez tout cela avec le behind the scenes orchestré par Tanya, Giles et Tom, vous avez le parfait combo pour que Jess atteigne ses objectifs.

La Team Arioneo est fière de soutenir Jessie et d’être une petite pièce de son parcours.