[RACING] LE TRAVAIL DE VITESSE À L’ENTRAÎNEMENT

[RACING] LE TRAVAIL DE VITESSE À L’ENTRAÎNEMENT

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Afin de suivre le travail de vitesse des chevaux à l’entraînement et pouvoir être capable de mettre les temps d’entraînement en face des temps référence de course, un bon système de suivi de la vitesse est nécessaire et indispensable pour 5 raisons.

Grâce au suivi de la vitesse d’entraînement en live l’entraîneur peut s’assurer que ses consignes sont bien respectées. Ensuite il peut estimer la réponse du cheval à l’effort demandé et se faire une idée de la charge qu’a représenté le travail qu’il lui a demandé. Cette compréhension de l’encaissement du travail par le cheval permet ensuite d’adapter le travail individuel de chaque cheval en fonction de sa réponse aux travaux précédents afin de le faire progresser. Une fois prêt à courir c’est l’analyse des temps intermédiaires qui permet à l’entraîneur de prendre une décision éclairée quant à ses choix d’engagements. Grâce au simulateur de temps de course, il peut s’assurer que son cheval sera bien dans les temps de la course visée.

RESPECT DES CONSIGNES DE VITESSE PAR LE CAVALIER 

Afin d’apprécier concrètement la vitesse du cheval lors de son travail, l’entraîneur dispose de deux outils.

D’une part il a la possibilité de suivre la vitesse de ses lots en direct lors de l’entraînement, et plus seulement lorsque les chevaux passent devant lui. Avec la vitesse en direct de tous les chevaux, l’entraîneur peut aussi intervenir au milieu de l’entraînement si il a des systèmes de communication avec ses cavaliers. Ainsi il peut avoir l’assurance que tous les chevaux sont entraînés en suivant ses directives.

D’autre part, l’entraîneur a à sa disposition un outil de replay de l’entraînement a posteriori qui lui permet d’analyser grâce à une carte, et une barre de défilement, comment la vitesse a évolué au cours de l’entraînement à des endroits précis correspondant à ses consignes. Il peut alors revivre l’entraînement de ses lots, cheval par cheval, enrichi de données cardio et locomotrices.

RÉPONSE DU CHEVAL À L’EFFORT DEMANDÉ 

Selon les travaux, les conditions du terrain, les différents états de forme de chaque cheval, le même travail ne va pas être encaissé de la même façon par tous les chevaux. Ainsi, lors des travaux de vitesse il est important d’analyser les paramètres de fréquence cardiaque, et de récupération. L’analyse de la récupération se conduit en deux étapes, tout d’abord la récupération rapide après l’effort, puis la récupération à 15 minutes.

Un cheval en bon état de forme démontrera une belle élasticité dans ses rythmes cardiaques, c’est-à-dire qu’il sera capable de monter haut rapidement lorsque l’effort demandé s’intensifie et de redescendre bas tout aussi rapidement lorsque l’effort demandé sera moins intense. Selon la qualité de la récupération, l’entraîneur pourra avoir une idée précise de la difficulté du travail du jour pour le cheval et il pourra ainsi anticiper d’éventuels sur ou sous-entraînements, comprendre que tel exercice n’est pas acquis pour tel cheval ou au contraire que tel entraînement était facile pour un autre.

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ADAPTATION DU TRAVAIL INDIVIDUEL

Grâce à l’analyse de la réponse à l’effort demandé, l’entraîneur peut faire progresser son cheval plus vite en identifiant de façon plus efficace les points d’amélioration. Dès lors, une personnalisation par individu est possible dans l’entraînement.

Afin d’analyser l’impact des différents paramètres qui influent sur la vitesse de chaque cheval, il s’agit d’incorporer dans les travaux d’analyse une variété dans la nature et l’intensité des efforts demandés. En variant les travaux, il est possible d’isoler les paramètres préférés des chevaux ou au contraire ceux qui leur posent le plus de difficulté. Par exemple, les chevaux peuvent alterner des travaux de fonds avec des galops de chasse sur de longues distances, et des travaux à grande vitesse sur le gazon. Pour faire varier les types de pistes, travailler sur des pistes profondes oblige le cheval à mobiliser ses muscles et donc à les développer ainsi que ses capacités respiratoires, puis en enchaînant ce travail avec des pistes plus rapides comme la PSF, le cheval peut se délier et expérimenter des vitesses plus importantes, ce qui a par ailleurs le bénéfice d’avoir une influence positive sur son moral. Enfin, varier les travaux passe aussi par la main à laquelle le cheval est travaillé, et il est judicieux d’analyser par exemple les meilleurs 600m réalisés sur une piste corde à droite et sur une piste corde à gauche, à effort demandé égal. Ainsi l’entraîneur dispose de données objectives et précises pour faire ses choix d’engagement. Dans cette même optique, il est utile de temps en temps, en accord avec le vétérinaire et en prenant toutes les précautions pour préserver l’intégrité du cheval, d’expérimenter à l’entraînement des vitesses de pointe, similaires aux vitesses de course. Ces entraînements ponctuels à vitesse maximale permettent d’analyser des temps intermédiaires comparables à ceux observables en course et sont aussi utiles pour évaluer les fréquences cardiaques maximales pour chaque cheval. Cependant, ces entraînements à vitesse maximale doivent être menés avec précaution afin d’éviter tout risque de blessure.

l’analyse des temps intermédiaires à l’entraînement

L’analyse des temps intermédiaires en course, mise en regard avec l’analyse des temps intermédiaires à l’entraînement s’avère donc être un outil de choix pour l’aide à la décision de l’engagement. Ainsi, l’entraîneur peut étudier si tel cheval est prêt pour telle course. En superposant des données de course à ses données à l’entraînement, il peut décider plus aisément quelle course engager, et quel cheval engager dans quelle course.

Prenons un exemple concret. Le cheval de deux ans Arion (anonymisé, comme le sont toutes les données présentes dans le document), engagé à St Cloud dans une course à conditions sur 2000m (pour 2 ans n’ayant jamais gagné), dont les temps intermédiaires sont affichés ci-dessous était engagé. La météo était plutôt mauvaise le jour de l’entraînement sélectionné (7,7 degrés sous un ciel couvert avec faibles pluies), le terrain était donc plutôt lourd.

APPLICATION À UNE COURSE

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En moyenne, sur l’hippodrome de St Cloud, dans les courses à conditions de 2000m, sur un terrain de Collant à Très Lourd (prévisible d’après la météo), les courses se courent en 146,21 secondes, avec en moyenne des intervalles de 200 m courus en 14,2s. Ce calcul a été réalisé grâce à un échantillon de 20 courses répondant à toutes ces conditions, d’après des données trouvées sur PMU.com.

On constate ainsi qu’Arion, qui était au plus vite à 12,0 et 12,3, et en moyenne à 13,8 (moyenne sur l’encadré rouge), était donc prêt à courir et à gagner cette course. Le cheval gagne la course de plusieurs dizaines de longueurs.

CONCLUSION

L’analyse de la vitesse en course et à l’entraînement est essentielle pour comprendre les objectifs et les jalons de l’entraînement d’un cheval de course. Encore faut-il la mesurer et comprendre les paramètres clé qui l’impactent.

Grâce à des outils de mesure avancés (capteur Equimetre, plateforme d’analyse, intervalles, simulateur de temps de course), nous avons analysé dans cet article certains paramètres qui influaient sur les vitesses de course. Parmi eux jouent la qualité du sol, le type de sol, la ferrure, la topographie, la corde, le track design, le niveau de la course ou encore le poids porté. De nombreux paramètres quantifiables et inquantifiables jouent encore sur la vitesse du cheval de course, le talent du jockey, le sommeil, le moral, le transport, l’alimentation, la météo par exemple, et la vitesse d’un cheval ne sera jamais une science exacte.

race horse monitoring fixing system

Cependant, des outils comme Equimetre, qui mobilisent des avancées technologiques adoptées depuis bien longtemps dans d’autre sports de vitesse, et adaptés au sport hippique, sont de bons moyens pour réduire l’incertitude et apporter une aide objective. Ils permettent de comprendre comment chacun de ces paramètres influe sur la vitesse de chaque cheval et ainsi comment l’entraînement peut être individualisé afin de déployer tout le potentiel de l’écurie en croisant les données de vitesse en course avec ses données de vitesse à l’entraînement.

Couplés à l’utilisation et l’exploitation de bases de données de qualité comme celle utilisée par le simulateur de temps de course d’Arioneo, l’entraîneur a en main toutes les cartes pour faire des choix d’engagement éclairés en croisant les données de vitesse en course avec ses données de vitesse à l’entraînement.

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Pour en savoir plus sur la vitesse en course et ses influences, vous pouvez consulter nos autres articles :

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EQUIMETRE

Horse monitoring sensor

EQUIMETRE est la technologie dédiée à l’entraînement du cheval de course qui permet de mesurer :

  • FRÉQUENCE CARDIAQUE (NIVEAU DE FC PENDANT L’EFFORT / RÉCUPÉRATION)
  • GPS (DISTANCE / VITESSE / INTERVALLES / PARCOURS)
  • LOCOMOTION (AMPLITUDE / CADENCE)