[RACING] ACCOMPAGNER LE RETOUR AU TRAVAIL AVEC LA DATA

[RACING] ACCOMPAGNER LE RETOUR AU TRAVAIL AVEC LA DATA

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Le retour au travail après une blessure ou une période de repos au pré est une période délicate pour le cheval athlète. Plusieurs enjeux se posent et les travaux de remise en forme sont accompagnés de questionnements. Comment optimiser le retour de la performance en minimisant le risque de blessure ? Comment savoir si la charge de travail augmente trop vite, pas assez ? Comment être certain que le cheval a retrouvé l’ensemble de ses capacités ?

La période inédite que nous traversons et l’arrêt total des courses pendant plus de deux mois a causé à toute la filière des inquiétudes, des doutes, des interrogations sur de nombreux sujets. Le travail des chevaux en fait partie. Certains ont fait le choix d’arrêter tout à fait les chevaux, d’autres de les travailler plus légèrement faute d’effectif, mais tous ont été contraints de revoir leurs plannings d’entraînement. Les échéances ne sont plus les mêmes, les courses visées ont changé, et le travail de chaque cheval a donc été adapté en conséquence.

En trois points simples, les data analystes d’Arioneo vous livrent quelques clés pour accompagner le retour au travail de vos chevaux grâce aux données EQUIMETRE.

Adapter graduellement la charge de travail

Afin de reprendre le travail et regagner son niveau de forme la charge de travail du cheval doit augmenter progressivement et chaque entraînement doit être acquis afin de passer au niveau supérieur dans les meilleures conditions. Chaque cheval supporte cette augmentation de la charge de travail à sa manière et l’idéal est donc une individualisation du planning d’entraînement lorsque cela est possible. Ainsi les risques présentés par le surentraînement et le sous-entraînement peuvent être évités. Comment les données d’Equimetre peuvent-elles aider à doser l’augmentation progressive de la charge de travail ?

C’est l’analyse de la récupération qui peut permettre à l’entraîneur de juger l’assimilation du travail du jour pour adapter la séance suivante. Pour analyser la récupération, 4 zones dans la relecture de l’évolution du rythme cardiaque au cours du travail peuvent s’avérer utiles :

  • Fréquence cardiaque (FC) à la sortie du box : cette FC sert de référence pour l’analyse des FC dans la suite de l’effort, c’est la première enregistrée par Equimetre. Celle-ci est propre à chaque cheval et ne donne pas d’indication sur son niveau de forme.
  • FC pendant la période d’échauffement : la FC devrait se stabiliser puis descendre légèrement lorsque le cheval est échauffé et prêt à supporter un effort plus conséquent. Si vous constatez des rythmes cardiaques anormalement élevés alors que le cheval paraît calme, cela peut être le signe de douleurs qui se manifestent par une augmentation inexpliquée du rythme cardiaque. Dans ce cas, un avis vétérinaire peut être nécessaire pour lever tout doute et partir sur le travail l’esprit tranquille.
  • FC pendant le travail : un cheval en forme présentera une augmentation constante du rythme cardiaque tout au long du travail et chutera immédiatement avec la vitesse. Lorsque l’on constate un plafonnement dans le rythme cardiaque pendant l’effort, c’est le signe que l’effort demandé au cheval est très important et qu’il doit mobiliser le maximum de sa capacité respiratoire. Pendant cette période où la FC plafonne, le cheval emmagasine des dettes d’oxygènes et on observe que la FC persiste à de hauts niveaux même après la diminution de la vitesse, ce afin de compenser le manque d’oxygène causé par l’effort intense.
  • Récupération : immédiatement après l’effort la FC vient se stabiliser à un premier niveau, c’est la récupération après l’effort. Dans un deuxième temps, celle-ci diminue encore et à 15 minutes, on peut analyser la récupération après 15 minutes. Plus ces dernières sont basses, meilleure est la récupération, une récupération idéale étant un retour à la FC initiale après 15 minutes. Lorsque le cheval peine à retrouver une FC basse, c’est le signe que le travail a été très intense pour lui et que ce palier n’a pas encore été assimilée parfaitement. Il sera donc intéressant d’accorder une période de récupération (travail léger délié le lendemain, puis journée de repos) puis de répéter l’exercice afin d’améliorer la récupération avant de passer à une charge de travail supérieure.

MINIMISER LE RISQUE DE BLESSURE

La reprise du travail est une période délicate et propice aux blessures, les protocoles vétérinaires de retour au travail recommandent un retour progressif afin de ne pas brûler les étapes. Les données Equimetre et l’analyse de la fréquence cardiaque peuvent aider à détecter des douleurs et des problèmes respiratoires.

En cas de douleurs ou de problèmes respiratoires, la relecture des données de l’entraînement montre des anomalies à deux endroits clés :

  • Pendant la phase d’échauffement : des pics de FC peuvent exprimer des douleurs ou de l’anxiété
  • Pendant le travail : une FC très élevée dès le début du travail, qui plafonne pendant toute la durée du travail peut exprimer des problèmes respiratoires qui empêchent le cheval de travailler correctement

En cas de doute, un avis vétérinaire est essentiel

ANALYSER L’ÉTAT DE FORME DU CHEVAL EN FONCTION DE LA COURSE VISÉE 

L’objectif du retour au travail étant le retour en course, la question se pose donc de savoir quand le cheval est de nouveau prêt à courir. Comment savoir si l’augmentation progressive de la charge de travail a porté ses fruits ? Le cheval a-t-il retrouvé son état de forme antérieur à l’interruption de son travail ? Pour le savoir, trois points clés peuvent aider à répondre à ces questions.

Comparer avec l’état de forme d’avant la pause : si des données d’entraînement antérieures à l’interruption du travail sont disponibles, celles-ci peuvent servir de référence. En effet, si le cheval a déjà montré de belles qualités en course, les données d’avant cette course réussie montrent à quoi doivent ressembler les entraînements du cheval lorsqu’il est au meilleur de sa forme. Ainsi, en comparant deux entraînements similaires (vitesses, distance et déroulé du travail similaires), grâce à l’outil Comparaison de la plateforme Equimetre par exemple, il est pertinent de comparer les niveaux de récupération du cheval. Un cheval ayant retrouvé son état de forme doit alors présenter des niveaux de FC pour les récupérations rapide et à 15 minutes au moins aussi basses que lors de ces entraînements références.

 

Exploiter potentiel chevaux course pour performance

Comment choisir l’entraînement référence ? 

L’exercice qui servira à effectuer la comparaison peut être un travail de vitesse, même sur une courte distance.

On peut par exemple effectuer un travail en progression suivi d’une accélération franche sur 600m. Veillez à toujours comparer ce qui peut l’être (type de sol, qualité du terrain, météo, etc.).

 

Comparer avec un bon cheval : dans le cas où l’on ne dispose pas d’entraînement référence pour le même cheval, le même procédé peut être mené à bien à l’aide d’un entraînement référence d’un autre cheval. Choisir un bon cheval ayant montré des performances en courses et sélectionner un de ses entraînements comparables peut donner de bonnes idées sur le niveau de forme du cheval qui doit reprendre la course.

Comparer les temps intermédiaires avec les temps intermédiaires de la course visée : pour compléter les analyses précédentes, étudier les temps de course et les comparer aux temps à l’entraînement peut aussi donner une idée claire du niveau du cheval. Pour cela, on peut chercher les temps intermédiaires passés de la course visée et les comparer aux derniers travaux de vitesse du cheval. On peut alors prêter attention à trois éléments :

1. Veiller à comparer les temps de course avec des entraînements qui peuvent y être comparés (distance, terrain, qualité du terrain, météo)

2. Concentrer la comparaison sur les temps intermédiaires en superposant les temps intermédiaires de course avec ceux de l’entraînement. On peut alors obtenir une bonne idée des aptitudes de vitesse du cheval pour la course visée. Le tableau des temps intermédiaire présenté à chaque entraînement sur la plateforme Equimetre est un bon outil pour réaliser cet exercice.

3. Afin d’évaluer si le travail de vitesse a demandé beaucoup d’effort au cheval, on peut étudier la récupération du cheval et l’évolution de son rythme cardiaque pendant cet effort. Si à l’entraînement, sur un sol comparable à celui de la course référence, les données de vitesses du cheval montrent des temps intermédiaires inférieurs à ceux de la course et que la récupération pour cet entraînement est bonne, les données d’entraînement indiquent que le cheval est prêt à courir.

Best 200m Best 600m Récupération BPM Qualification Récupération
Course à conditions (2 ans n’ayant jamais couru) – Chantilly – 1500m sur terrain standard 11.25 34.75
Entraînement galop rapide 1500m sur terrain standard 11.47s 35.74s 107 Medium
Best 200m Best 600m Récupération BPM Qualification Récupération
Course à conditions (2 ans n’ayant jamais couru) – Chantilly – 1900m sur terrain standard 11.52 35.34
Entraînement galop rapide 1900m sur terrain standard 12.17ss 38.38s 82 Good

Ici le cheval montre à l’entraînement des aptitudes de vitesse à la hauteur de la course visée

Ici le cheval ne montre pas à l’entraînement des aptitudes de vitesse à la hauteur de la course visée

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EQUIMETRE

EQUIMETRE est la technologie dédiée à l’entraînement du cheval de course qui permet de mesurer :

  • FRÉQUENCE CARDIAQUE (NIVEAU DE FC PENDANT L’EFFORT/RÉCUPÉRATION)

  • GPS ( DISTANCE/VITESSE/INTERVALLES/PARCOURS)

  • LOCOMOTION (AMPLITUDE/CADENCE)

speed heart rate monitoring sensor