Comparer l’entrainement de deux chevaux de course avec EQUIMETRE

Évaluer l’état de forme et comparer les aptitudes physiques

Comparer le travail des chevaux à l’entraînement sur un même exercice permet d’évaluer leur état de forme et de comparer les aptitudes physiques, notamment locomotrices.

Ici,
–      CHEVAL 1 est un mâle de 3 ans ayant déjà couru et gagné 2 courses. Profil “stayer”.
–      CHEVAL 2 est un mâle de 2 ans n’ayant pas encore débuté. S’oriente vers un profil “sprinter”.

L’exercice est un canter de 1000 mètres sur PSF sur un centre d’entrainement en Australie. L’entraineur a demandé aux cavaliers de maintenir une vitesse aux alentours de 50km/h pendant le travail.

L’entraînement se décompose en 3 parties : Trot d’échauffement, 1600 mètres de galop dont 1000 mètres à 50 km/h puis un trot de récupération active.

Ci-dessus la relecture des entraînements se compose :
–      Des données générales,
–      De la map de l’entraînement (en jaune le pas, orange le trot, rouge le galop),

–      Les graphiques : vitesse, fréquence cardiaque, amplitude et cadence des foulées. Ces 2 derniers paramètres sont mesurés uniquement pour le trot et le galop.

–      Les temps intermédiaires détaillés tous les 200 mètres avec : Le timing, la vitesse moyenne, la fréquence cardiaque moyenne, l’inclinaison du terrain, l’amplitude et la cadence moyenne.

Comparatif des résumés d’entrainement

Comparatif training

DéTAIL des entrainements, analyse et comparatifs

Analyse du travail de : cheval 1- 3 ans

Résumé entrainement Horse 1

SORTIE DE BOX

Le deuxième graphique, correspondant à la fréquence cardiaque, indique que CHEVAL 1 est très calme au moment de sortir de son box (40 battements par minute), reste stable jusqu’à son arrivée sur la piste, où l’évolution de sa fréquence cardiaque est très progressive.

TROT D’ÉCHAUFFEMENT

Une fois sur la piste où les chevaux effectuent un premier trot d’échauffement et en se référant au premier graphique affichant la vitesse, il est intéressant de voir que la vitesse est constante.

En revenant de nouveau sur le deuxième graphique, nous pouvons remarquer que le cheval est toujours très calme pendant l’échauffement étant donné que sa fréquence cardiaque augmente très légèrement au début du trot puis réduit ensuite de manière tout à fait normale jusqu’à la fin de l’échauffement.
En suivant la locomotion sur les trois et quatrièmes graphiques affichant respectivement l’amplitude et la cadence des foulées, il est très net que ces deux données sont particulièrement régulières.

Ce sont des points très positifs avant un exercice comme celui demandé par l’entraîneur, étant donné que sur ce type d’effort, le but est d’avoir une bonne régularité et que le cheval puisse aborder le travail concentré et dans les meilleures conditions.

TRAVAIL/CANTER

Pendant le travail, le premier graphique permet de visualiser avec une grande précision l’évolution de la vitesse. Après la pointe à 52km/h effectuée juste avant le premier tournant, la vitesse avoisine ensuite de manière constante les 50km/h pendant l’intégralité du galop, respectant ainsi les consignes de l’entraîneur.

Il est particulièrement intéressant d’observer la courbe de fréquence cardiaque tout au long de son travail. En effet, elle est très progressive, ne vient jamais atteindre un niveau maximal et diminue même avant la fin de l’exercice, signe que le cheval n’a pas fourni un effort trop important.
Pour visualiser ensuite la zone de stabilisation, il faut se référer à la zone descendante de la courbe de fréquence cardiaque, située entre le pic de vitesse et le premier creux de la courbe juste après le canter.
Le niveau de fréquence cardiaque vient se stabiliser à 93 battements par minute. C’est un niveau relativement bas, confirmant que l’exercice n’a pas été trop intense pour ce cheval et qu’il est dans de bonnes conditions.

Un peu plus tard dans la relecture de l’entraînement, nous retrouvons sur les graphiques d’amplitude et de cadence une nouvelle zone de locomotion, affichée après l’interruption « post effort ». Cette zone correspond à une période de trot servant à la récupération active.
Avant cette période de trot, le niveau de fréquence cardiaque se trouve à 94 battements par minute, puis vient se stabiliser à 76 battements par minute juste après. Ces 20 points de fréquence cardiaque perdus au cours de la récupération active, prouvent que le cheval a bien récupéré de son exercice et est prêt à retourner au box.

Par ailleurs, si nous suivons la fin de la courbe de fréquence cardiaque, le cheval se trouve dans d’excellentes conditions de retour à l’écurie, puisque son niveau de fréquence cardiaque se trouve toujours à 65 battements par minute.

Pour ce type d’exercice, il est particulièrement intéressant de relire et comparer la locomotion des chevaux. À une vitesse donnée (ici 50km/h), nous maintenons le curseur des graphiques afin de figer un instant précis. Ainsi, nous pouvons voir qu’à 50km/h, ce cheval a une amplitude de 5,9 mètres et une cadence de 2,3 foulées par seconde. Une faible cadence est souvent synonyme d’aptitude pour tenir sa vitesse sur une longue distance.

En dernier lieu, l’affichage du tableau des temps intermédiaires représente graphiquement l’évolution de la vitesse en découpant la distance totale par tranche de 200 mètres (intervalles réglables sur la plateforme), et permet de facilement visualiser et comparer les efforts des chevaux. Il permet notamment de connaître le temps que mettent les chevaux pour parcourir 200 mètres, ainsi que l’évolution de leur vitesse moyenne, de leur fréquence cardiaque, de l’altimétrie du terrain pour comprendre l’effort, et des amplitude et cadence moyennes de leurs foulées.
Nous regarderons le détail de ce tableau avec le cas du deuxième cheval, CHEVAL 2.

ANALYSE DU TRAVAIL De cheval 2 – 2 ans

CHEVAL 2 est un cheval de deux ans n’ayant jamais couru.
Les données générales de l’entraînement comme la map ainsi que la durée, la distance parcourue, la vitesse maximale et l’accélération maximale vont être similaires à celles de CHEVAL 1 étant donné qu’ils ont effectué le même exercice.
En revanche, nous remarquons immédiatement une grande différence sur la fréquence cardiaque maximale, de 233 battements par minute pour CHEVAL 2 alors que CHEVAL 1 était, lui, à 212 battements par minute.

Sur le graphique de fréquence cardiaque, la différence d’état d’esprit entre les deux chevaux est tout de suite notable. En effet, dès la sortie du box, le cheval a une fréquence cardiaque bien plus élevée (87 battements par minute) que CHEVAL 1 (67 battements par minute). Il semble donc être un cheval plus émotif.
Lors du premier trot d’échauffement, sa fréquence cardiaque augmente très rapidement jusqu’à 125, voire même 130 battements par minute, tandis que CHEVAL 1 restait aux alentours de 100 battements par minute.

En comparant les courbes de fréquence cardiaque de CHEVAL 1 et CHEVAL 2, nous pouvons remarquer que ce dernier augmente de manière très rapide et très forte.
Au cours de l’exercice, nous pouvons constater qu’une fois 50km/h atteints, le niveau de fréquence cardiaque du cheval s’élève à 230 battements par minute, il atteint probablement sa fréquence cardiaque maximale puisqu’elle n’augmentera plus jusqu’à la fin de l’exercice. Au début de la décélération, il conserve la même fréquence cardiaque contrairement à  celle de CHEVAL 1 qui est déjà en train de diminuer.

Aussi, juste après le travail, le jeune cheval stabilise sa FC relativement haut (119 battements par minute) vs (93 battements par minute pour CHEVAL 1).
Lors du trot effectué pour la récupération active, il garde une fréquence cardiaque toujours plus élevée que CHEVAL 1 et n’a toujours pas récupéré, venant se stabiliser autour de 100 battements par minute tandis que CHEVAL1 est à 75 battements par minute.
De retour à l’écurie, il n’a pas encore récupéré à 100% (90 battements par minute), néanmoins, dans cette écurie, les chevaux vont au marcheur après leur lot afin de récupérer une fois leur travail effectué.

Pour relire et comparer la locomotion comme avec CHEVAL 1 auparavant, nous allons regarder exactement les mêmes paramètres, en figeant le curseur à 50km/h. À cette vitesse, le cheval a une amplitude de 5,5 mètres et une cadence de 2,5 foulées par seconde. Un cadence élevée témoigne en général d’habilité pour les courtes distances.
Pour rappel, CHEVAL 1 était à 5,9 mètres d’amplitude et 2,3 foulées par seconde, ce qui met en évidence le fait que les deux chevaux n’ont pas la même aptitude locomotrice.

Comme évoqué précédemment, ce cheval est un excellent sujet pour détailler le tableau des intervalles (tableau permettant de visualiser l’exercice en le décomposant par tranche de 200 mètres et ainsi avoir une analyse détaillée).
Avec le temps et la vitesse moyenne de CHEVAL 2 pour chaque session de 200 mètres, il apparaît que les consignes de l’entraîneur ont été parfaitement respectées. Il reste aux alentours de 50km/h tout au long du travail et il est possible de voir que le cheval atteint 226 battements par minute dès lors qu’il arrive à 50km/h.
Durant l’exercice, la fréquence cardiaque vient plafonner à 230 battements par minute, contrairement à CHEVAL 1 qui n’a jamais atteint un plafonnement dans sa fréquence cardiaque.

Grâce à ce tableau des temps intermédiaires, il est également intéressant de pointer un paramètre à analyser pour détecter la fatigue du cheval : la dégradation de la cadence pendant l’exercice. Par exemple, dans les premiers segments de 200 mètres du travail, CHEVAL 2 augmente sa cadence. Pendant le travail, il a une cadence régulière à 2,5 foulées par seconde, puis elle se dégrade à mesure de l’exercice jusqu’à atteindre 2,2 foulées par seconde en restant toujours à la même vitesse. La dégradation de la cadence est un autre indicateur de sur-effort ou de fatigue pour le cheval pendant le travail.

Résumé entrainement cheval 2

 

Ainsi, grâce à cette comparaison, nous pouvons constater que ces deux chevaux ne sont pas au même niveau de préparation physique et n’ont actuellement pas les mêmes aptitudes locomotrices. Dans le suivi de l’entraînement, l’idéal serait de pouvoir effectuer à nouveau cet exercice après quelques semaines, afin d’évaluer l’évolution des données, notamment celles de CHEVAL 2 qui était un peu plus en difficulté, pour voir si la progression de ses entraînements l’aide dans cet exercice.

tableau comparatif des chevaux

 

Les données évaluées sur ce type d’exercice correspondent à un cas bien précis. Pour un travail en progression par exemple, nous viendrions nous concentrer de manière différente sur les données de vitesse, d’amplitude, de cadence et de fréquence cardiaque.

Ce type d’analyse permet donc d’avoir des informations à court terme sur les données d’entraînement d’un cheval à un moment précis de sa préparation physique. Mais pour leur donner encore plus de valeur, l’intérêt serait de récolter ces données à fréquence régulière, afin d’établir des décisions et des conclusions fiables dans le temps, d’individualiser et affiner les choix pour chaque cheval. Cela permettrait ainsi de mettre en avant les aptitudes de chaque cheval et l’avancée de leur préparation, tout en ayant la possibilité de comparer leurs performances, notamment dans le but de détecter de futurs performeurs, par exemple.

 Pour plus d’informations : contact@arioneo.com