Comment le capteur Orscana influence-t-il le moral des chevaux ?

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Le parcours de Caroline Dufil a commencé de manière assez classique. Cavalière dans un poney-club dès l’âge de 3 ans, c’est à 12 ans, après quelques concours de CSO jusqu’en Club 2 qu’on lui fait rencontrer un poney de dressage. Elle commence donc une année de club en dressage uniquement et la réussite est immédiate : à la différence du CSO, elle gagne tout.

Elle se prend donc rapidement au jeu et effectue un stage de détection avec Claire Gosselin à l’époque (cavalière internationale, multi-championne de France en Dressage et entraineur national du Dressage Poney) qui se conclue très positivement.
Au même moment, Ivry de Montoux, un poney qui avait fait 3 fois les Championnats d’Europe en Dressage était à louer. Ce fut un grand tournant pour Caroline et tout a commencé à s’enchainer. Au terme de deux belles années de Grand Prix Poney, Caroline (également réserviste pour les Championnats d’Europe) et Ivry de Montoux ont remporté trois médailles de bronze et une médaille d’argent. Sur sa dernière année Poney, notre jeune cavalière avait en parallèle prévu de tourner en Junior avec Porto, mais ce dernier s’est malheureusement blessé au mois de mai, juste avant la sélection.

Caroline est arrivée aux Ecuries Brieussel quand elle avait 15 ans. Cela a marqué un des plus gros tournants de sa carrière, passant d’une petite structure à un grosse écurie faisant exclusivement du dressage.

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L’INTERVIEW de caroline dufil SUR ORSCANA ET SA CARRIÈRE

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Professionnellement est-ce une voie qui vous attire ?

Actuellement, je suis en cinquième année d’école de commerce en alternance, c’est déjà quelque chose d’important à gérer.
Être cavalière professionnelle est compliqué aujourd’hui quand on part avec très peu de moyens. Ce que j’aimerais serait avoir mon entreprise dans les chevaux et pouvoir avoir mes chevaux à côté, mais nous marchons aussi beaucoup avec les opportunités donc l’avenir nous le dira.

Dans quelle position vous voyez-vous par rapport à votre petite sœur ? Veut-elle en faire son métier ?

Elle est encore trop jeune, elle n’a que 13 ans.
L’avantage de Carla, c’est qu’elle a connu le haut niveau depuis toute petite : lorsqu’elle ne montait pas, elle m’accompagnait. Elle a donc été bien entraînée dès le début et c’est une chance pour elle. Elle n’a jamais fait de poney-club. Elle est peut-être restée dans un club jusqu’à ses 8 ans, mais elle n’aimait pas ça. Un jour on l’a mise sur la jument de maman. Je lui ai aussi fait monter mon cheval de temps en temps. Cela a été un petit déclencheur même si le vrai déclic pour elle, reste lorsqu’elle a monté Eppo, son cheval actuel, il y a environ deux ans.
Intimement, je pense qu’elle travaillera dans les chevaux mais nous avons des parents qui nous poussent à faire des études. 
Quoi qu’il arrive, s’il y a quelque chose à faire avec Carla, on ne passera pas à côté.

Quel est le cheval qui vous a le plus marqué et pourquoi ?

Harry (Ardente de son vrai nom) est vraiment le cheval qui m’a marquée et qui me marquera toujours.
C’est lors de ma dernière année Junior que l’on a acheté Harry. C’était un cheval qui avait terminé 3ème aux Classiques à 4 ans. Il a été blessé à 5 ans et a ensuite passé deux ans et demi au pré. Il a été opéré deux fois de la bouche, c’était donc un cheval un peu délicat qui est arrivé à 7 ans aux écuries.
Je cherchais un cheval à ce moment-là, je suis montée dessus par hasard et nous nous sommes lancés… En six mois, Harry a tout appris. L’année dernière, il était en Junior sur ma dernière année Junior. Cependant, cela a été un peu vite pour lui donc on a préféré le redescendre sur de plus petites épreuves pour qu’il se cale.

L’année suivante, on a été Champions de France en Amateur 1. C’était ma première année de Jeunes Cavaliers, normalement ces reprises se font sur le Saint-Georges mais nous avons choisi de faire une année de plus en Amateur 1 pour que mon cheval réussisse à se caler correctement : ce qui a payé puisqu’il a gagné. C’était très bien pour lui.
J’étais réserviste pour les Championnats d’Europe en Jeunes Cavaliers pendant ma deuxième année et j’ai terminé 3ème aux Championnats de France.

Ma dernière année Jeunes Cavaliers a de loin été la meilleure. Mon cheval a été incroyable. Nous avons construit la saison pour être performants aux Championnats d’Europe, préparé Harry tout au long de l’année afin qu’il soit prêt au mois de juillet. Nous avons plutôt fait une bonne saison, avec des résultats tournant autour de 67% mais restions généralement les premiers Français au classement.
Le tournant de cette année 2016 a été l’International à Rosendal, au mois de juin. Nous avons obtenu la meilleure note que nous n’avions jamais eue : 68%5 ! Rosendal était un énorme concours international et ce résultat nous a permis d’arriver assez confiants aux Championnats d’Europe car nous savions que mon cheval était prêt.
Sur la reprise en équipe, nous avons obtenu la meilleure note qu’un Français n’ait jamais obtenue : 68%3, c’était incroyable. Ce n’était pas le meilleur classement, mais c’étaient les meilleurs points. En individuel, nous avons fait 67%5 mais je dois reconnaitre que j’étais un peu déçue… Normalement, nous passons par tirage au sort, mais cette fois-ci, l’organisation n’avait pas prévu cela dans le programme. Je suis donc passée le premier jour et inconsciemment, les juges mettent plus de points le 2ème jour… je ne me cherche pas d’excuses mais il m’a manqué 0%4 donc c’était très frustrant !

Ensuite, le cheval a été Champion de France en Jeunes Cavaliers puis nous avons gagné mon dernier concours Jeunes Cavaliers, qui était l’International au Salon du Cheval de Paris. C’était vraiment chouette. Nous avons vécu 3 mois intenses et incroyables.

Cette année, j’ai sorti Harry sur le petit tour en début d’année. Puis je l’ai prêté à ma petite soeur, Carla, pour qu’elle puisse faire les Championnats d’Europe à Rosendal en Children. Ils ont terminé 3ème par équipe et Carla a fini 8ème en individuel.
Carla a son propre cheval mais il n’était pas prêt. Mes parents l’ont acheté puis il a été débourré à 6 ans. L’année dernière, c’était sa première année de concours, il était très jeune et c’est Carla qui le dresse alors qu’elle n’a que 13 ans. Il m’arrive de le monter mais c’est principalement elle qui le travaille donc c’était encore un peu jeune pour lui d’y participer.

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Quel est votre plus beau souvenir en concours ?

 

J’hésite entre les Europe et mes derniers Championnats.

Les Championnats, c’était beaucoup plus fort car c’est vraiment dur de passer de Jeune à Senior. C’est très différent donc un peu dur de quitter le circuit des Jeunes.
Mais j’opterais quand même pour les Europe ! Le cheval a vraiment été génial. Sur la reprise en équipe, comme je le disais, nous avons fait la meilleure reprise que nous n’avions jamais faite auparavant. Ce qui était beau, c’est que c’était vraiment la consécration de l’année, c’est-à-dire que tout ce que nous avions préparé en amont, toutes les phrases de préparation ont payé. Ces six mois de concours étaient spécialement prévus pour ce dernier concours et cela a fonctionné. Cela nous prouve également que nous ne nous sommes pas trompés sur la façon de travailler le cheval.

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Quelle a été votre pire expérience en concours ?

Mon premier International à Poney. C’était une catastrophe.
Le concours d’avant, c’était les qualifications pour cet International en question, à Jardy. J’avais fait une bonne reprise, j’ai même battu les filles qui étaient par équipe, mais je me suis mis une pression monumentale, c’était catastrophique !

L’International de Saumur était trois semaines après. En trois semaines, j’ai perdu tous mes moyens, l’entrainement n’allait plus. J’ai réussi à finir… Dernière… C’était horrible. Le deuxième jour, j’ai oublié la moitié de ma reprise : j’ai doublé puis salué alors qu’il manquait les trois quarts du galop et je ne comprenais pas… La juge me parlait en anglais. En bref, le pire concours de ma vie !

En revanche, il m’a énormément appris. Notamment sur la gestion du stress et de mes entrainements. Par exemple, aujourd’hui, si j’arrive aux écuries énervée et que sur les cinq minutes de détente de mon cheval, je sens que je ne vais pas réussir à faire une séance correcte, je ne fais rien. Je fais juste une détente sans chercher à travailler.
Si je sens que je suis énervée au point que mon cheval puisse le ressentir, car de tout façon il ressent tout, je me dis que ce n’est pas grave. Je vais plutôt faire des flexions ou du streching mais pas prendre le risque de le contrarier.

Pourquoi utilisez-vous Orscana ?

Je l’utilise principalement pour savoir si les couvertures étaient en adéquation avec la température extérieure et les besoins de mon cheval. J’aime aussi savoir comment s’est comporté mon cheval pendant un concours et la semaine qui suit.
En concours, il ne dort pas comme à la maison. Il n’est pas couché et ne dort quasiment pas, alors que la semaine d’après il passe beaucoup plus de temps couché que d’habitude. Il récupère du concours, donc c’est très intéressant pour moi de suivre son activité de près.

 

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L’utilisation d’Orscana a-t-elle modifié vos habitudes ?

 

Oui, comme je disais, je vais être très attentive à sa récupération post-concours pour reprendre le travail après. D’autant plus qu’aujourd’hui, Harry a 12 ans et 5 ans de concours : il commence à être expérimenté et s’il veut vraiment se reposer, c’est qu’il y a une raison donc je le sors en le laissant plutôt tranquille.
Par exemple, avant d’avoir Orscana, en revenant d’un concours, je laissais mon cheval au repos ou le sortais en balade les lundi et mardi avant de le remettre au travail le mercredi. Aujourd’hui, si je vois que jusqu’à mercredi il est resté couché, je vais le laisser en off jusqu’au week-end. En revanche, si je vois qu’il est en pleine forme, du moins, s’il ne passe pas plus de temps couché que d’habitude, je le travaille le mercredi.
C’est un cheval qui a énormément d’énergie. Avant, il avait des petits coups de mou de trois ou quatre  jours, deux fois par an, où il avait moins envie de travailler. Maintenant, cela peut arriver tous les trois mois. Il a un gros coeur et veut toujours travailler. Harry un cheval qui donne beaucoup, même fatigué, il ne va pas forcément me le faire ressentir. Orscana me permet de pouvoir repérer ses coups de mou et ne pas le forcer contre sa volonté. Si je vois des petits signes grâce au capteur, cela me rappelle de faire un peu plus attention.

L’utilisation du capteur Orscana influence-t-elle le moral de votre cheval ?

Oui, Orscana a une influence sur le moral d’Harry car nous sommes adeptes du travail régulier par séances courtes. Le capteur m’aide donc énormément, notamment sur les périodes de concours : on enchaine un peu donc il y a trois ou quatre mois ou le cheval doit être au top. Si je vois qu’il est moins actif ou plus allongé que d’habitude, j’adapte le nombre de ses jours off dans la semaine pour optimiser au mieux ses entrainements.

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