L’avis d’Alexander Tordoff sur le capteur connecté Orscana

Dans les écuries d’Alex Tordoff, cavalier international de complet

Traduit de Claire Hubbard

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Lundi matin, alors que je conduisais dans la grisaille et la pluie, on aurait dit que nous étions en octobre. Mais non, nous étions bien en juillet : c’est juste que j’allais vers le Nord en direction de Leicestershire à la rencontre d’Alex Tordoff dans ses nouvelles écuries.

Alex m’a accueillie, un grand sourire fendant son visage : il avaitIMG_2108 passé un beau weekend avec Colin, aka Cool Jack.

Alex m’emmène faire un tour des écuries. Très rapidement j’ai compris que la Team Tordoff travaille ici de concert avec toute la famille Tordoff pour construire ce bel endroit. Il y a un an, la famille a vendu leur jolie maison dans un petit village pour la remplacer par cette nouvelle maison de ferme, des écuries délabrées, 25 hectares de terres and énormément de travail à faire.

Alex et son père ont complètement rasé le barn pour le reconstruire afin d’y loger tous ses chevaux, ils ont construit une grande carrière avec de magnifiques lisses qui abritent du vent et ont joliment aménagé le jardin, tout cela sans parler des barrières en bois des paddocks qui témoignent des talents de charpentier du père d’Alex.

Après le barn, on trouve un marcheur couvert très bien placé, acheté par la mère d’Alex sur ebay ! J’ai eu du mal à le croire mais le marcheur est vraiment venu de très loin pour être remonté ici : quelle affaire !

Derrière le marcheur, on peut apercevoir la carrière de dressage en herbe d’Alex, légèrement irrégulière pour imiter les terrains sur lesquels les cavaliers de complet doivent être capable de concourir. Entre les deux s’étendent à perte de vue des champs remplis de moutons dans lesquels Alex et son père sont en train de construire un terrain de cross.

 

Alex a une vraie vision pour ses écuries, et d’après ce que j’ai cruIMG_2105 comprendre, celles-ci ne vont pas s’arrêter de grandir. Mais ce n’est certainement pas ici que l’on manquera de place pour soutenir cette croissance.

Le barn est calme et aéré, bordé de deux rangées de boxes, il comporte une graineterie, une douche, et un solarium à une extrémité, une sellerie et un petit salon pour se reposer et accueillir les propriétaires en visite de l’autre côté.

J’ai eu la chance de rencontrer quasiment tous les chevaux d’Alex. Colin (Cool Jack), Dusty (Dustman) and Chapers (Chapman) qui ont tous de belles échéances en perspectives. Mais il y a aussi les deux poulains dehors dans un champs qui ne se doutent pas encore de ce que l’avenir leur réserve.

Lorna Trigges, qui s’occupe d’Alex, était en train de préparer son propre étalon Frank (Playmate III) pour une leçon avec Caroline Moore. C’était très sympathique de discuter un peu avec elle avant qu’elle ne se mette à cheval.

C’est installés dans la sellerie, qu’Alex et moi nous sommes mis au travail.

L’interview d’Alex Tordoff sur Orscana et sa carrière

 

  • Nom: Alexander Tordoff
  • Discipline: Complet

 

IMG_2107Quelle est la plus belle réussite de votre carrière pour le moment ?

Ma plus belle réussite c’est sûrement le Junior National Championship de Brand Hall à Shropshire en 2015. Avec Emil, on a mené l’épreuve dès le début, ça ne faisait pas très longtemps qu’on avait le cheval, on est arrivé deuxièmes mais ce classement sortait vraiment de nulle part ! C’était une vraie surprise. Je m’attendais à ce qu’on fasse quelque chose de bien, mais on a fait mieux que ce que tout le monde attendait de nous. C’était une surprise géniale.

Comment voyez-vous votre carrière idéale ?

L’une de mes plus grandes ambitions serait de gagner Burghley, je pense que c’est l’un de mes objectifs les plus ambitieux à court terme, peut-être parce que c’est dans ma région, et que j’y vais depuis plus longtemps que je ne peux me souvenir. Ma principale ambition plus généralement est de courir des épreuves au plus haut niveau avec de bons chevaux tout en étant à la tête d’un business qui marche. Sur le plan de la compétition, mes objectifs sont de représenter le Royaume Uni pendant les JO, Tokyo ça serait génial avec le bon cheval, mais mes objectifs ne s’arrêtent pas là…

Quel est le cheval qui vous a le plus appris et pourquoi ?

Clairement c’est Emill. Je pense que c’est le meilleur cheval que je n’ai jamais monté, mais ce n’était pas non plus le plus facile à monter, il ne vous donnait jamais rien gratuitement. Tu devais travailler dur pour l’obtenir, mais une fois que tu avais travaillé, une fois que tu avais appuyé sur les bons boutons, il te donnait tout ce que tu voulais et bien plus encore. Si tu ne faisais pas ce qu’il fallait, il te le faisait bien comprendre. C’est vraiment lui qui m’a appris à monter de bons chevaux et comment obtenir le meilleur d’un bon cheval.

AlexSolariumQuelle est votre plus belle expérience en concours ?

Les Championnats d’Europe en Pologne, c’était la première fois que je partais en concours si loin de chez moi. C’était ma première fois en équipe, la première fois en compétition internationale avec Emill. Pour la première fois, je me suis retrouvé dans une vraie ambiance de championnat, c’était très professionnel, il y avait beaucoup de pression. C’était génial d’être sous autant de pression et de voir que j’étais capable de l’assumer : j’ai finis 4ème à cause d’une barre sur le jumping, sinon j’aurais eu l’Argent mais j’étais le premier Anglais. On a eu le Bronze en équipe, c’était assez incroyable.

Quelle a été votre pire expérience en concours ?

Je dirais que c’est aussi le National Championship de Brand Hall, c’est la meilleure mais c’est aussi une des pires expériences pour moi. C’était la première fois que j’arrivais sur l’épreuve d’obstacle en ayant la première place du classement, alors que je ne m’y attendais pas du tout. Tout le monde regardait mon tour. Sur la piste, je savais que j’avais une toute petite avance, je n’avais aucune marge de manœuvre par rapport au second qui avait fait sans faute avec Imperial Cavalier, il fallait que je fasse sans faute. J’ai tout passé, la combinaison, la spa, et j’arrivais sur le dernier obstacle, j’entendais les murmures des gens, la tension était palpable, et alors que j’arrivais sur le dernier obstacle je me disais « c’est bon je vais y arriver, je vais arriver à la réception de cet obstacle et je serai champion de Grande Bretagne ». J’imaginais déjà lever le poing de victoire et tout. Je me souviens seulement qu’on a eu une mauvaise place, un peu près de l’obstacle, et la barre est tombée. Ça m’a vraiment appris à beaucoup plus respecter le dernier obstacle et à rester concentré jusqu’à la ligne d’arrivée.

Mais à des années lumières de ça, l’expérience la plus dévastatrice pour moi, celle que j’aimerais oublier, c’était en 2014. J’avais ce cheval depuis que j’avais 5 ans, c’était vraiment un bon cheval, on était à l’Open Novice de Aston, on arrive au premier guet, il rentre dans l’eau et… il n’est pas ressorti. Il a eu une crise cardiaque et il est tombé dans l’eau, je suis remonté derrière l’obstacle et je l’ai vu s’enfoncer dans l’eau, il était parti. Il est mort instantanément d’un anévrisme au cœur, c’était bizarre, ça te fait aimer ton cheval encore plus fort. Revenir à la maison avec un camion vide c’est quelque chose qu’on envisage jamais, et ça te fait réaliser combien le cheval est un animal spécial, ils font tout pour nous. J’étais très jeune à l’époque, à cet âge on ne pense jamais que les choses peuvent mal tourner, on sait qu’on peut tomber mais on ne pense jamais au pire. J’ai appris à estimer mes chevaux, même les mauvais jours, même les jours où on ne finit pas un parcours de cross, on est chanceux de pouvoir repartir avec un cheval dans le camion. Finalement, si le cheval va bien, si le cavalier va bien, c’est tout ce qui compte. Les gens font une montagne des résultats, des victoires, mais ce qui compte vraiment est de rentrer à la maison tous les deux sains et saufs.

Pourquoi utilisez-vous Orscana ?

IMG_2102Pour avoir des informations pertinentes ! Orscana m’aide dans la gestion de mes chevaux. Je peux surveiller mes chevaux, voir comment ils vont, jour et nuit, où qu’ils soient. Ils sont plus confortables qu’ils ne l’ont jamais été et cela se reflète directement dans leurs performances. De très loin, mes chevaux ont donné le meilleur d’eux-mêmes cette année.

Comment utilisez-vous Orscana ?

Tout le temps, sur leurs couvertures. Cela m’aide à mieux dormir, je sais que mes chevaux vont bien le soir, j’ai tous les conseils sur mon téléphone pour les couvrir correctement, et je suis au courant de toute leur activité la nuit. La vie est beaucoup plus simple pour mes grooms et moi. Quand on voyage, à la maison ou quand les températures varient comme en ce moment, on en met partout.

L’utilisation d’Orscana a-t-elle modifié vos habitudes ?

J’ai découvert que je surcouvrais énormément mes chevaux. J’en mettais toujours trop, plutôt que pas assez. Les chevaux sont beaucoup plus confortables quand ils sont moins couverts. Je pense que c’est la même chose pour tout le monde, on pense toujours qu’en mettant une couverture de plus ils auront plus chaud. Mais en fait on ne se rend pas compte qu’ils peuvent avoir rapidement trop chaud.

J’ai énormément appris sur leur confort, j’ai appris énormément sur ce qu’ils font la nuit. Certains de mes chevaux semblent très différents la nuit. Parfois ils ont l’air complètement normaux la journée, mais à en juger l’état de leur box le matin, ils ne l’étaient pas du tout pendant la nuit. Quand je regarde mon téléphone le matin, je peux voir quels sont les chevaux qui ont mal dormi et cela se ressent dans le travail. Augmenter ma connaissance sur les habitudes de mes chevaux m’aide à tirer le meilleur d’eux.

Je remercie chaleureusement Alex de m’avoir accueillie dans son entreprise familiale. Il est clair que tout cela est un beau travail de tous les jours dans lequel chacun contribue à aider Alex à atteindre ses objectifs. Devant tout ce travail et ce dévouement, je n’ai aucun doute sur le fait qu’Alex parviendra à tous les atteindre.